L’année 2017 s’est conclue avec l’espoir général d’un nouveau début. Comme à chaque fin d’année, les discours des chefs d’Etats se font plus ou moins positifs, plus ou moins engagés sur certains aspects. Le début de la nouvelle année a ponctuellement rappelé au monde ce qui l’attend, un défi qui est bien loin d’être mince. Les gouvernements ne peuvent pas agir seuls afin d’affronter les défis qui font peur, une coordination internationale s’impose. Une course solitaire ne pourra pas relever les défis aussi bien qu’une course commune et coopérative ne peut le faire.

Des conférences telles que le Forum économique mondial de Davos en Suisse sont nécessaires et indispensables pour faire le point sur la situation des défis à relever. Par ailleurs, qu’il s’agisse de l’ONU, du FMI ou d’autres instances, toutes ces institutions sont nées d’une période de l’histoire où l’approche non coopérative face à des peurs séculaires a mené à de graves conséquences que nous connaissons tous.

Parmi plusieurs interventions au Forum, celle du Président français Macron a suscité bien des réactions positives pour la force, l’engagement et la vastitude des thèmes mentionnés qu’il a cherché à transmettre à ses collègues. Entre autres il a expliqué, en faisant référence à l’Accord de Paris sur le climat, que « 2020 n’est pas une date pour une prochaine conférence mais doit être un rendez-vous pour vérifier les actions délivrées. »

Il a également souligné à plusieurs reprises les craintes qui concernent sans aucun doute tous les gouvernements et il a ajouté « Je ne veux pas dégrader le tableau mais Schumpeter va bientôt ressembler à Darwin et vivre dans un monde complètement darwinien n’est pas bon. »

Cela, pour remarquer qu’il est important de montrer à chaque population le pourquoi de l’importance de la globalisation. Notamment pour les classes moyennes, a-t-il dit, il est nécessaire de prouver que la globalisation et le système mondial actuel servent à résoudre les problèmes du quotidien et non pas à enchérir la dose.

Des nouvelles technologies aux grandes migrations, de la big data au terrorisme, au populisme chaque pays a des défis à affronter au niveau national et des principes à respecter comme les droits de l’homme, l’engagement dans une économie durable, le respect de l’environnement, l’éducation, la cohésion sociale. Ce sont des biens que tous ont reconnus, notamment après les périodes sombres du siècle dernier.

« Nous devons retrouver une grammaire du bien commun » a-t-il encore ajouté à ce propos. Le moment est arrivé de devoir vraiment s’engager à travers des actions pour protéger ce bien commun en Autriche, en France, en Europe et partout dans le monde.

Pourquoi cela semble tant nécessaire ? Parce que si le monde politique ne parvient pas à obtenir sa crédibilité et à passer à l’action, dans le futur proche ce sera à quelqu’un d’autre de le faire, soit les nationalistes, les populistes, ou les extrémistes selon les dynamiques de chaque pays.

Comme point de départ, Macron suggère de passer à l’action avec un nouveau contrat mondial  qui se base sur des pratiques de respect de la valeur du partage. Cela concerne notamment les responsabilités sociales et environnementales ainsi qu’un capitalisme durable en tant que partagé. De plus, une coopération militaire et diplomatique est encore plus nécessaire dans l’engagement de la lutte contre le terrorisme ainsi que la lutte contre des groupes organisés qui souhaitent l’anéantissement de l’autre. Finalement, en matière de coopération fiscale « Je suis favorable à ce que le FMI ait le mandat de surveiller la totalité du système international » a-t-il affirmé. Le FMI a été créé grâce aux bienfondés des nouvelles intentions après les guerres mondiales et s’il a acquis sa légitimité, il n’observe malheureusement pas les acteurs agressifs et non respectueux des régulations déjà mises en œuvre.

Etant donné que « tout se tient » comme l’a dit le Président, il est donc nécessaire de redonner du sens à la mondialisation, qui est exportée dans d’autres régions. La cohérence, cela va sans le dire, est une responsabilité énorme ainsi qu’une manière de protéger nos intérêts à long terme. Théoriquement les clefs pour affronter les défis sont données, le point est fait sur la situation. Il reste à voir si le monde politique sera capable de mettre en pratique de façon cohérente et multilatérale ce qu’il plaide.

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